Risques psychosociaux au travail : que cache la baisse nationale mesurée par la Dares ?

En 2024, 41 % des salariés ne se sentent plus capables de tenir leur poste jusqu’à la retraite, contre 38 % en 2016, alors que les risques psychosociaux reculent pourtant en moyenne.

C’est ce que révèle la dernière étude de la Dares. Pour une organisation qui prépare son diagnostic RPS ou actualise son document unique, cette moyenne nationale rassurante peut recouvrir une réalité de terrain très différente. Le pôle SMC de C2D Prévention aide les organisations à objectiver leur propre exposition, avec un diagnostic RPS dédié plutôt qu’une lecture de statistique nationale. Ce diagnostic sert de socle au document unique et au plan d’action qui en découle. Cet article détaille ce que montre l’étude 2026 de la Dares, et comment la méthode CAPtransforme un diagnostic en plan d’action suivi dans le temps.

Que révèle la nouvelle étude Dares sur les risques psychosociaux ?

Salarié fatigué au bureau, signe de stress et de risques psychosociaux au travail

Entre 2016 et 2024, l’intensité du travail recule pour la première fois depuis le début de sa mesure, dans les années 1980, et les exigences émotionnelles liées au contact avec le public diminuent également. C’est ce que montre l’étude publiée par la Dares le 9 septembre 2026 (Dares Analyses n° 37), qui actualise l’enquête Conditions de travail et risques psychosociaux menée en 2016.

Cette amélioration moyenne ne concerne pas tous les salariés de la même façon. Chez les employés peu qualifiés, la tendance s’inverse : le travail s’intensifie, l’autonomie régresse et l’exposition aux comportements hostiles augmente. Pour un DRH ou un responsable QHSE, le chiffre agrégé cité plus haut ne dit rien de la répartition réelle de ce ressenti au sein de son organisation, ni des fonctions où il se concentre.

Ces six dimensions, intensité du travail, exigences émotionnelles, autonomie, rapports sociaux, conflits de valeurs et insécurité de la situation de travail, restent celles définies par le rapport Gollac en 2011 à la demande du ministère du Travail. C’est le cadre que le module Management et Santé Mentale Collective de C2D Prévention utilise pour structurer un diagnostic RPS, reconnu par l’INRS et l’ANACT.

La Dares relève par ailleurs que les contraintes physiques évoluent peu sur la même période et concernent encore quatre salariés sur dix, avec une hausse observée chez les employés. Une prévention centrée uniquement sur les risques physiques laisse donc de côté une part importante du sujet, et inversement pour une prévention centrée uniquement sur le psychosocial. Les deux dimensions progressent, ou reculent, selon des logiques distinctes, propres à chaque catégorie de poste.

Pourquoi une moyenne nationale ne reflète-t-elle pas l'exposition réelle d'une entreprise ?

Une moyenne nationale agrège des situations de travail très différentes selon le secteur, la taille de l’organisation et la catégorie socioprofessionnelle. Un recul moyen des exigences émotionnelles peut coexister, au sein d’une même entreprise, avec une exposition élevée concentrée sur certaines fonctions.

Dans une organisation industrielle accompagnée par C2D Prévention, un diagnostic RPS mené en 2025 a mis en évidence une exposition aux exigences émotionnelles concentrée sur les fonctions d’accueil et de relation client, un résultat invisible dans les moyennes nationales et dans le document unique de l’année précédente. Les autres fonctions de l’organisation affichaient au contraire une exposition proche, voire inférieure, à la moyenne du secteur, ce qui aurait pu masquer le signal si le diagnostic s’était limité à un score global.

La disparité observée par la Dares entre employés qualifiés et peu qualifiés illustre le même mécanisme à l’échelle du pays : un indicateur agrégé peut masquer une dégradation réelle pour une partie précise des effectifs, celle-là même qui a le moins de marge de manœuvre pour la signaler.

Le même écart se retrouve entre secteurs. Un secteur industriel et un secteur de services n’exposent pas les mêmes fonctions aux mêmes facteurs de risque : contraintes physiques et rythme de production d’un côté, relation client et charge émotionnelle de l’autre. Comparer directement une organisation à la moyenne nationale, sans tenir compte de son secteur et de la répartition de ses fonctions, conduit à une lecture approximative de son exposition réelle.

Vous voulez objectiver la situation réelle de votre organisation plutôt que vous fier à une moyenne nationale ? Contactez C2D Prévention pour un diagnostic RPS sur mesure.

Comment structurer une prévention RPS qui tient compte de ces écarts ?

Un diagnostic RPS utile combine une mesure quantitative, comparable dans le temps, et une lecture qualitative propre à chaque fonction et à chaque site. C’est la logique de la méthode CAP de C2D Prévention : un état des lieux qui identifie les zones de vulnérabilité réelles, avant de proposer un plan d’action documenté pour le DUERP.

Selon les facteurs identifiés, l’accompagnement s’appuie ensuite sur des modules ciblés, gestion des conflits et des incivilités pour les fonctions les plus exposées aux comportements hostiles, ou atelier de gestion du stress pour les équipes soumises à une forte intensité de travail et à des délais serrés.

Le suivi dans la durée fait la différence : un diagnostic ponctuel ne montre qu’un instant. Un suivi structuré, avec des points de pilotage réguliers, permet de vérifier si un plan d’action réduit effectivement l’exposition mesurée l’année suivante.

Concrètement, ce suivi s’appuie sur des indicateurs simples à répéter dans le temps : un nouveau questionnaire à intervalle régulier, des entretiens ciblés sur les fonctions identifiées comme les plus exposées, et un point de pilotage avec les équipes RH et les managers concernés. C’est cette répétition, plus que le diagnostic initial lui-même, qui permet de distinguer une amélioration réelle d’une simple fluctuation d’une année sur l’autre.

La baisse nationale mesurée par la Dares en 2026 est réelle, mais elle ne dispense aucune organisation d’un diagnostic qui lui est propre. Un indicateur national donne un cap utile pour situer une tendance générale ; il ne remplace pas la lecture des fonctions, des sites et des équipes qui composent une organisation donnée. C’est la démarche que les modules d’accompagnement de C2D Prévention proposent : une lecture précise de la situation, suivie dans le temps plutôt que figée dans un rapport ponctuel.

À retenir

  • La Dares constate en 2026 un recul moyen des risques psychosociaux, mais un écart croissant entre employés qualifiés et peu qualifiés depuis 2016.
  • Les six dimensions du rapport Gollac (2011) restent le cadre de référence reconnu par l’INRS, l’ANACT et le ministère du Travail pour un diagnostic RPS.
  • Une moyenne nationale ou un indicateur agrégé peut masquer une exposition élevée concentrée sur certaines fonctions au sein d’une même organisation.
  • Un diagnostic RPS combine mesure quantitative et lecture qualitative propre à chaque site et à chaque fonction.
  • La prévention durable repose sur un suivi dans le temps, pas sur un rapport ponctuel.

FAQ

Qu'est-ce qu'un risque psychosocial (RPS) ?

Un risque psychosocial est un risque pour la santé mentale, physique et sociale engendré par les conditions d’emploi et les facteurs organisationnels et relationnels du travail, selon la définition retenue par le rapport Gollac en 2011 pour le ministère du Travail. Le cadre distingue six familles de facteurs : intensité du travail, exigences émotionnelles, autonomie, rapports sociaux, conflits de valeurs et insécurité de la situation de travail.

Que montre la nouvelle étude Dares sur les RPS en 2026 ?

Publiée le 9 septembre 2026, l’étude Dares Analyses n° 37 montre un recul moyen de l’intensité du travail et des exigences émotionnelles entre 2016 et 2024, mais une dégradation inverse pour les employés peu qualifiés : intensification du travail, recul de l’autonomie et hausse des comportements hostiles.

Comment réaliser un diagnostic RPS dans son entreprise ?

Un diagnostic RPS utile associe des données quantitatives comparables dans le temps à des entretiens qualitatifs par fonction et par site, puis débouche sur un plan d’action documenté pour le DUERP. Le diagnostic RPS de C2D Prévention suit cette logique, avec un accompagnement dans la durée plutôt qu’un rapport isolé.

Pour aller plus loin

Confiance et sécurité psychologique : deux repères essentiels pour prévenir les RPS et renforcer la QVCT revient sur deux notions souvent confondues dans une démarche QVCT.

Journée mondiale de la santé mentale 2026 : pourquoi la santé mentale au travail devient-elle une priorité pour les entreprises ? explique comment prolonger une action de sensibilisation en démarche durable.

Charge mentale et fonctions d’accueil : un angle mort des diagnostics RPS classiques. Titre suggéré, à vérifier ou remplacer par un article existant du blog.

Voir aussi

Diagnostic RPS est la page dédiée à la démarche de diagnostic de C2D Prévention.

La méthode CAP détaille le déroulé complet de l’accompagnement C2D Prévention.

Module Management et Santé Mentale Collective équipe les managers face à ces écarts.

Vous voulez comparer l’exposition réelle de votre organisation à ces données nationales ? Demandez un diagnostic RPS à C2D Prévention.

Sources

Dares. (2026, 9 septembre). Quelles évolutions des conditions de travail et des risques psychosociaux depuis 2016 ? (Dares Analyses n° 37). Ministère du Travail. https://www.souffrance-et-travail.com/magazine/dossiers/stress-travail-et-sante/evolutions-des-conditions-de-travail-et-des-risques-psychosociaux-depuis-2016/

Collège d’expertise sur le suivi statistique des risques psychosociaux au travail (Gollac, M., dir.). (2011). Mesurer les facteurs psychosociaux de risque au travail pour les maîtriser. Ministère du Travail. https://www.education-populaire.fr/identifier-les-facteurs-psychosociaux-de-risque-au-travail-rps-rapport-gollac/