Un désaccord entre deux collègues, une remarque mal reçue, une charge de travail qui met une équipe sous tension : ce sont des situations banales, presque quotidiennes dans toute organisation. Ce qui change d’une entreprise à l’autre, c’est la manière dont ces tensions sont traitées, ou laissées de côté.
152 milliards
En France, les tensions au travail font perdre l’équivalent de vingt jours de travail par salarié chaque année, pour un coût estimé à plus de 152 milliards d’euros.
Face à ce constat, C2D Prévention accompagne les entreprises avec son module Gestion des Conflits et des Incivilités, conçu pour transformer ces tensions en leviers de coopération plutôt qu’en facteurs de risque.
Pourquoi les conflits au travail sont-ils un enjeu de prévention en 2026 ?
Les conflits entre collègues ne relèvent pas d’un simple problème de personnalités. L’INRS classe les rapports sociaux au travail dégradés — parmi lesquels les conflits non régulés entre collègues ou avec la hiérarchie — parmi les six grandes familles de facteurs de risques psychosociaux. Un différend qui s’installe dans la durée, sans espace pour être nommé, produit des effets comparables à une charge de travail excessive : fatigue, désengagement, absentéisme.
Cette réalité reste pourtant largement sous-estimée. Une étude menée par l’institut OpinionWay avec All Leaders Initiative observe que les dirigeants ont souvent une vision macro des tensions professionnelles — les grèves, les conflits collectifs — et négligent la dimension micro, les frictions quotidiennes entre collaborateurs, alors que ce sont elles qui pèsent le plus, au quotidien, sur le fonctionnement réel des équipes. Peu d’entreprises suivent réellement la fréquence et la nature de ces tensions relationnelles dans leurs indicateurs RH, contrairement au turnover ou à l’absentéisme, pourtant mieux outillés depuis des années.
Sur le terrain, ce type de tension apparaît souvent après une réorganisation mal accompagnée : deux services qui doivent désormais coopérer sans que leurs zones de responsabilité aient été clarifiées, ou une charge de travail redistribuée sans concertation. Le conflit qui en résulte n’est pas un accident isolé, mais le symptôme d’un ajustement organisationnel resté incomplet.
Objectiver cette dimension est justement l’un des apports de notre diagnostic RPS, qui mesure les rapports sociaux au travail aux côtés des autres facteurs de risque, avant qu’une équipe entière ne bascule dans un climat durablement dégradé.
D’autres organisations choisissent d’agir en amont, sur les compétences relationnelles elles-mêmes. Notre atelier de Communication Non Violenteoutille les collaborateurs pour exprimer un désaccord ou signaler une tension avant qu’elle ne se transforme en conflit ouvert.
Quelles sont les causes des tensions qui dégénèrent en conflit ?
La plupart des conflits professionnels prennent racine dans l’organisation du travail plutôt que dans une simple incompatibilité de caractères. Manque de clarté sur les rôles de chacun, absence d’arbitrage de la hiérarchie en cas de désaccord, concurrence encouragée entre collègues : selon l’INRS, ce sont ces terrains qui favorisent l’installation de tensions relationnelles durables au sein d’une équipe.
Ce constat déplace la focale. Traiter un conflit uniquement par la médiation entre les personnes concernées, sans interroger l’organisation qui l’a rendu possible, expose au risque de voir la même tension réapparaître avec d’autres collaborateurs. Un manager pris par l’urgence, qui manque de temps pour la relation, ou des objectifs contradictoires entre deux services créent un terreau propice aux incivilités et aux désaccords qui s’enveniment.
Les tensions ne prennent pas toutes la même forme. Certaines s’expriment ouvertement, par un désaccord verbalisé lors d’une réunion. D’autres restent silencieuses : une remarque déplacée que personne ne relève, un message sec, une exclusion progressive d’une personne des échanges informels. Ces incivilités répétées, moins visibles qu’un éclat de voix, produisent pourtant des effets cumulatifs tout aussi lourds sur le climat d’une équipe.
Le rôle de l'arbitrage managérial
Quand une tension entre deux collaborateurs remonte, l’absence de prise de position claire du manager — par souci d’équité mal compris ou par évitement — laisse souvent le conflit s’installer. À l’inverse, un arbitrage rapide, qui nomme le problème sans désigner de coupable, permet de désamorcer une situation avant qu’elle ne mobilise toute une équipe.
Pour l’entreprise, les conséquences dépassent largement les personnes directement concernées. Elles se traduisent par la démobilisation d’un collectif entier, une perte de confiance envers le management, et parfois un absentéisme qui s’installe sans que le lien avec le climat relationnel ne soit établi.
Vous constatez des tensions récurrentes dans une équipe et souhaitez objectiver ce qui s’y joue réellement ? Contactez C2D Prévention pour évaluer le climat relationnel de votre organisation et construire un plan d’action adapté.
Comment prévenir et désamorcer les conflits dans une organisation ?
Prévenir les conflits suppose d’agir avant leur apparition, en donnant aux équipes les moyens de nommer une tension avant qu’elle ne s’enkyste. Cela passe par des espaces réguliers d’échange, une clarification des rôles et responsabilités, et une posture managériale capable d’accueillir un désaccord sans le percevoir comme une remise en cause personnelle.
Ces compétences s’acquièrent : communication non violente, écoute active, régulation émotionnelle et techniques de médiation composent le cœur de notre module dédié à la gestion des conflits et des incivilités. L’objectif n’est pas d’éviter tout désaccord — un collectif sans tension n’existe pas — mais de construire la capacité collective à les traiter avant qu’ils ne dégradent la coopération.
Former les managers à cette posture ne va pas de soi : beaucoup ont appris à gérer des plannings et des objectifs, rarement à accueillir un différend sans se sentir mis en cause personnellement. C’est pourtant cette compétence relationnelle qui détermine, en pratique, si une tension reste gérable ou dégénère.
Cette approche s’inscrit dans une démarche plus large. La méthode CAP de C2D Prévention structure ce travail en quatre phases, du diagnostic initial à l’ancrage durable de nouvelles pratiques relationnelles, pour que la gestion des tensions devienne un réflexe organisationnel plutôt qu’une intervention ponctuelle après un incident.
Les conflits au travail ne sont ni anecdotiques ni totalement évitables. Ce qui distingue les organisations qui en subissent le coût de celles qui les transforment en leviers de coopération, c’est leur capacité à objectiver ces tensions, à en comprendre les causes organisationnelles, et à outiller managers et équipes pour les traiter tôt. C2D Prévention accompagne cette démarche à travers son diagnostic RPS et sa méthode CAP, pour que la gestion des tensions relationnelles devienne une compétence partagée au sein de l’organisation plutôt qu’un problème que l’on subit isolément.
À retenir
- Les conflits au travail sont reconnus par l’INRS comme un facteur de risque psychosocial à part entière, au même titre que le stress ou la charge de travail.
- En France, les tensions professionnelles représentent l’équivalent de vingt jours de travail perdus par salarié et par an, selon l’Observatoire du coût des conflits au travail.
- La plupart des conflits trouvent leur origine dans l’organisation du travail — rôles flous, arbitrage manquant — plutôt que dans une opposition de personnalités.
- Les risques psychosociaux, dont les conflits relationnels, doivent être intégrés au DUERP conformément au Code du travail.
FAQ
Qu'est-ce qu'un conflit au travail, au sens des risques psychosociaux ?
Un conflit au travail désigne toute perturbation durable dans la relation entre collègues, ou entre un collaborateur et sa hiérarchie, qui affecte le déroulement de l’activité. L’INRS le rattache aux rapports sociaux au travail dégradés, l’une des six grandes familles de facteurs de risques psychosociaux, aux côtés du stress ou de l’insécurité de l’emploi.
Qui doit intervenir lorsqu'un conflit entre collègues persiste ?
Le manager de proximité est en général le premier interlocuteur, car il connaît le contexte de travail et peut agir vite. Si la situation s’enlise ou implique plusieurs personnes, les ressources humaines ou un médiateur externe peuvent prendre le relais. L’INRS rappelle qu’une médiation centrée uniquement sur les personnes, sans interroger les causes organisationnelles, ne suffit pas à empêcher que le conflit ne se reproduise.
Les conflits au travail doivent-ils figurer dans le DUERP ?
Oui. Depuis la loi du 2 août 2021, les risques psychosociaux sont une composante obligatoire de l’évaluation des risques inscrite au document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP), conformément à l’article L.4121-3 du Code du travail. Les tensions relationnelles récurrentes entre collaborateurs en font partie.
Pour aller plus loin
Confiance et sécurité psychologique : deux repères essentiels pour prévenir les RPS et renforcer la QVCT — sur les fondations relationnelles qui permettent aux tensions d’être exprimées avant qu’elles ne s’enkystent.
Burn-out : ce n’est pas un problème individuel, c’est un signal organisationnel — pour comprendre comment un climat relationnel dégradé peut mener à l’épuisement professionnel.
Prévention des risques psychosociaux : pourquoi la santé mentale collective change tout ? — pour resituer la gestion des conflits dans une démarche RPS globale.
Voir aussi
Le diagnostic RPS de C2D Prévention, pour objectiver le climat relationnel de votre organisation.
La méthode CAP, notre cadre méthodologique en quatre phases pour ancrer durablement la prévention des RPS.
L’atelier Communication Non Violente, pour outiller vos équipes sur les fondamentaux du dialogue constructif.
Vos équipes traversent des tensions récurrentes que vous ne savez plus comment désamorcer ? Contactez C2D Prévention pour organiser notre module Gestion des Conflits et des Incivilités au sein de votre entreprise.
Sources
Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS). Les 6 catégories de facteurs de risques psychosociaux. https://www.inrs.fr/dms/inrs/img/infographies/inrs-categories-facteurs-risques-psychosociaux/inrs-categories-facteurs-risques-psychosociaux.pdf
Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS). Prévenir les risques psychosociaux (RPS) : Prévention. https://www.inrs.fr/risques/psychosociaux/prevention.html
Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS). Risques psychosociaux. 9 conseils pour agir au quotidien (ED 6250). https://www.inrs.fr/dam/inrs/CataloguePapier/ED/TI-ED-6250.pdf
OpinionWay, All Leaders Initiative, Topics. (2021, 18 novembre). Observatoire du coût des conflits au travail. https://www.topicsconseil.com/news/communique-de-presse/observatoire-cout-conflit-travail/
Légifrance. Code du travail, article L.4121-3. https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000029336807/
Légifrance. Loi n° 2021-1018 du 2 août 2021 pour renforcer la prévention en santé au travail. https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000043884445

